Salaire minimum : la FMAG s’engage aux côtés d’une large alliance et soutient le contre-projet

Pully, le 4 mai 2026 – Le 14 juin prochain, les Vaudoises et les Vaudois seront appelés à se prononcer sur deux initiatives populaires visant à introduire un salaire minimum légal et uniforme dans le canton. La Fédération des Métiers de l’Accueil et du Goût (FMAG) et ses organisations patronales, GastroVaud, l’Association Romande des Hôteliers (ARH), les Artisans Boulangers Pâtissiers Confiseurs Vaudois (ABPCV) et l’Association Vaudoise des Maîtres Bouchers-Charcutiers (AVMBC), s’engagent résolument pour un 2 x NON aux initiatives extrêmes et un OUI au contre-projet pragmatique​​​.

Des métiers en première ligne

La restauration, l’hôtellerie, les boulangeries-confiseries et les boucherie-charcuterie figurent parmi les secteurs les plus directement concernés par ces initiatives. Ce ne sont pas des branches à la traîne en matière sociale — bien au contraire. Chacune d’entre elles est couverte par une convention collective de travail (CCT), négociée de longue date entre partenaires sociaux, qui garantit des conditions de travail solides et reconnues. Les salaires y progressent régulièrement, de manière concertée, en tenant compte des réalités économiques des entreprises comme des besoins légitimes des employés.

Ce modèle, issu d’un dialogue constant et d’un respect mutuel, est une fierté. Le remettre en cause au profit d’un SMIC uniforme, c’est ignorer des décennies de partenariat social constructif.

Un salaire unique pour des réalités multiples : une fausse bonne idée

Fixer dans la loi un salaire minimum identique pour toutes les entreprises du canton, c’est faire comme si un café de village dans le Jura-Nord vaudois, un restaurant de quartier à Yverdon ou un grand établissement lausannois vivaient dans la même réalité économique. Ce n’est pas le cas. Les marges sont souvent étroites, les charges élevées, et la clientèle sensible aux prix. Un coup de massue salarial imposé de l’extérieur ne protège pas les travailleurs — il met en péril les emplois qu’il prétend défendre et promet un gel des salaires.

Défendre ceux qui font vivre nos quartiers et nos villages

Derrière chaque boulangerie de quartier, chaque boucherie artisanale, chaque café de campagne, il y a un entrepreneur, souvent indépendant, qui emploie, qui forme, qui s’investit dans son tissu local. Ces petits commerces de proximité ne demandent pas de privilèges — ils demandent le droit de continuer à exister, à embaucher, à participer à la vitalité de leur rue, de leur village, de leur commune. Une hausse brutale et uniforme des coûts salariaux fragiliserait précisément ces entreprises.

L’apprentissage et les jobs d’été en danger

Ces métiers vivent aussi de la transmission. L’apprentissage y est une voie d’excellence, concrète et valorisante. Or, si le salaire d’un employé sans formation se rapproche de celui d’un jeune titulaire d’un CFC, pourquoi se donner la peine de se former ? La valorisation de l’apprentissage repose aussi sur une logique économique claire — la brouiller, c’est décourager les vocations. Quant aux jobs d’été et emplois d’appoint, ils seront les premiers sacrifiés si les coûts deviennent trop lourds pour de petites structures. Résultat : des jeunes qui ne se forment plus dans nos métiers, et qui ne peuvent plus y travailler.

Le contre-projet : la voie du bon sens vaudois

La FMAG et ses organisations ne sont pas contre le salaire minimum​​. Elles le vivent, elles le négocient, depuis des années. Ce qu’elles refusent, c’est qu’une règle uniforme et rigide vienne court-circuiter un système qui fonctionne, qui s’adapte, qui progresse. Le contre-projet soutenu par le Grand Conseil et le Conseil d’État préserve la primauté des CCT​, maintient le dialogue social et permet d’intervenir de façon ciblée là où c’est nécessaire.

Le 14 juin, votons avec la conviction de ceux qui connaissent leur métier, leurs équipes et leurs clients : 2x NON aux initiatives, OUI au contre-projet.